Idée clé : il est possible d’obtenir deux déductions fiscales en utilisant un même montant, à condition de respecter une séquence précise entre REER, RAP et CELIAPP. L’administration fiscale considère qu’il s’agit de deux opérations distinctes, ce qui rend la stratégie permise.
Pourquoi cette stratégie peut être intéressante
Dans un scénario classique :
- Une cotisation au REER réduit votre revenu imposable.
- Une cotisation au CELIAPP réduit aussi votre revenu imposable.
La particularité ici, c’est que vous pouvez faire “travailler” le même argent deux fois :
- vous cotisez au REER, puis vous réutilisez ce montant pour cotiser au CELIAPP, tout en obtenant deux déductions.
Il est même possible d’aller plus loin : si tout est fait correctement, la double déduction peut s’appliquer sur la même année fiscale, ce qui maximise l’effet immédiat sur votre impôt.
Exemple chiffré simple
Imaginons que vous appliquiez cette stratégie avec 8 000 $ :
- vous versez 8 000 $ dans votre REER ;
- puis vous réutilisez ensuite ce même 8 000 $ pour cotiser à votre CELIAPP la même année.
Résultat : votre revenu imposable peut être réduit non pas de 8 000 $, mais de 16 000 $.
Pour illustrer l’impact : si ce plan avait été mis en place en 2025, avec un salaire de 50 000 $, la double déduction aurait permis d’économiser près de 2 000 $ d’impôt (ordre de grandeur).
Attention : à valider avant de le faire seul
Cette stratégie n’est pas “automatique”. Elle repose sur des conditions et une chronologie stricte. Si vous ne respectez pas tous les critères, une déduction peut être refusée.
En pratique, il est fortement recommandé de faire valider le montage par un planificateur financier ou un comptable, surtout si c’est votre première utilisation du RAP ou du CELIAPP, ou si votre situation comporte des particularités.
La règle d’or : respecter une chronologie très précise
Pour que la double déduction fonctionne dans la même année fiscale, vous devez suivre un enchaînement rigoureux (souvent illustré avec un exemple sur une année donnée, comme 2026).
Deux délais sont incontournables :
- L’argent doit rester dans le REER au moins 90 jours avant d’être utilisé dans le cadre du RAP.
- Après l’acquisition, vous ne devez pas dépasser 30 jours après la date d’achat pour retirer l’argent du CELIAPP (si vous êtes rendu à l’étape du retrait).
Ces délais ne sont pas des détails : ce sont des conditions structurantes de la stratégie, comme expliqué dans le RAP et le REER : mode d’emploi.
Les formulaires à prévoir
En cours de route, vous devrez remplir deux formulaires :
- T1036 : pour le retrait dans le cadre du RAP (lié au REER) – Voir le formulaire
- RC725 : pour le retrait du CELIAPP – Voir le formulaire
Mieux vaut les anticiper, car un oubli ou une erreur administrative peut compliquer l’application correcte de la stratégie.
Ce qui se passe après : REER vs CELIAPP
Remboursement du RAP (obligatoire)
Après un retrait via le RAP, vous devrez commencer à remettre l’argent dans votre REER :
- le remboursement débute deux ans après le retrait ;
- vous avez 15 ans pour rembourser la totalité.
CELIAPP (pas de remboursement)
Contrairement au RAP, le CELIAPP ne vous impose pas de remettre les sommes retirées, ce qui le rend particulièrement flexible pour un projet d’achat admissible.
Les limites et bémols à connaître
1) Il faut de l’espace de cotisation disponible
Pour que la stratégie fonctionne la même année, vous devez avoir :
- de la marge de cotisation REER, et
- de la marge de cotisation CELIAPP.
Si vous avez déjà atteint vos plafonds, cette stratégie ne s’applique pas dans votre cas.
2) Les conditions de retrait doivent être respectées
Vous devez aussi respecter les règles propres au RAP et au CELIAPP. Si les conditions ne sont pas remplies, la mécanique peut se gripper (et l’avantage fiscal peut être remis en cause).
Faut-il privilégier cette stratégie ou remplir d’abord le CELIAPP ?
Point important : il peut être plus rentable de cotiser au CELIAPP dès que possible (si vous en avez la capacité), plutôt que de conserver volontairement de l’espace pour viser une double déduction.
Pourquoi ? Parce que le CELIAPP est avantageux sur plusieurs plans :
- réduction du revenu imposable ;
- revenus de placement à l’abri de l’impôt ;
- effet cumulatif sur plusieurs années si vous cotisez tôt.
En clair : le CELIAPP mérite souvent d’être maximisé dès que vous le pouvez, avant de chercher un montage plus “technique”.
Cela dit, si au moment d’acheter votre première maison, toutes les conditions sont réunies (plafonds disponibles, chronologie respectée, critères admissibles), ce coup de pouce fiscal supplémentaire peut être très intéressant. Pour une vue d’ensemble du parcours, consultez aussi l’achat d’une première maison au Québec.






