hausse des taux

Les futurs propriétaires qui auront recours à un prêt hypothécaire vont devoir régler des mensualités plus élevées alors que la banque du Canada vient de procéder à son 3e relèvement des taux en 6 mois seulement.

Cette décision était largement attendue par les observateurs : la banque du Canada a porté son taux de référence à 1,25 %, ce qui correspond à une augmentation de 25 points de base. Après les actions similaires entreprises en septembre et en juillet, il s’agit du 3e relèvement de la banque en 6 mois. Inflation proche de l’objectif ciblé, économie qui performe à un niveau très proche de son plafond et vigueur des derniers indicateurs économiques ont motivé sa décision. Mais l’horizon n’est pas complètement dégagé de tout nuage : l’éventuelle remise en question de l’ALENA pourrait changer la donne.

Prêt hypothécaire plus cher

Les Canadiens qui ont opté pour un taux variable ou qui se préparent à contracter un prêt hypothécaire vont devoir payer plus cher. Le taux préférentiel moyen des banques est passé de 3,2 à 3,45 %. Par tranche de 100.000 $, cette hausse correspond à 12,5 dollars de plus par mensualité. De nombreux commentateurs s’attendent à 2 relèvements additionnels en 2018.

Des conditions qui devraient ralentir le marché immobilier

Non seulement les taux sont en hausse, mais les règles d’octroi des prêts hypothécaires ont été récemment durcies. Ce qui signifie que les conditions du marché immobilier se resserrent. La Banque du Canada a d’ailleurs avoué que la nouvelle donne devrait ralentir les dépenses des ménages surendettés, notamment sur le marché immobilier. Les investissements devraient également être prudents en raison des incertitudes qui planent sur les perspectives économiques. Notamment en raison de la réforme fiscale américaine ainsi que l’éventuelle dénonciation de l’ALENA par le président Trump.

L’économie canadienne est en pleine forme

2017 fut pourtant une année faste pour l’économie canadienne, qui a enregistré une croissance de 3 %. Cette embellie a eu des répercussions positives sur le marché de l’emploi, avec un taux de chômage qui a clôturé l’année à 5,7 %, soit un record historique. Ce climat positif a encouragé les ménages à investir dans l’immobilier, ainsi qu’à consommer. Ce qui a débouché sur un taux d’inflation de 2,1 %, l’un des facteurs qui a poussé la banque du Canada à serrer la vis pour éviter la surchauffe.

La Chambre de commerce du Canada calme le jeu

Si les résultats positifs de l’année dernière sont indiscutables, les choses devraient ralentir dans les 2 années à venir, selon la Chambre de commerce du Canada. Elle table sur des taux de croissance de 2,2 et de 1,8 % pour 2018 et 2019. Anticipant de nouveaux relèvements des taux, la chambre prédit une baisse de la consommation, ainsi qu’un marché immobilier plus calme. Ce nouveau contexte représentera un défi pour les entreprises canadiennes.

À quand le prochain relèvement ?

Outre la décision annoncée et déjà intégrée par les acteurs économiques, la grande question est de savoir ce que la Banque du Canada nous réserve pour l’avenir. Les experts estiment qu’elle a utilisé un langage prudent à l’annonce de cette hausse du taux directeur. Aucune nouvelle action n’est attendue avant le mois de mai. Mais le consensus tablant sur 2 relèvements additionnels en 2018 reste de mise, même si certains en entrevoient 3. Cependant, les chances de voir la banque faire machine arrière restent bien réelles si les conditions économiques devaient se détériorer plus rapidement qu’attendu.